Récit de la naissance de Taïna (version papa)

La naissance de Taïna vu par le papa.

 

Nous sommes le vendredi soir le 10 mai, un vendredi comme tant d’autre, dans l’après midi j’avais discuté avec une amie en disant que ce week-end serait un week-end en mode tranquille, sachant que le samedi dernier avait déjà été un riche en rebondissements avec dans le désordre mariage, fête ami·e·s, voiture abîmée… et valise dans le coffre au cas où notre Choupette se déciderait à pointer le bout de son nez avant la date escomptée du 4 juin… bref j’espérais passer un vendredi soir des plus banals, permettant à Aline de se reposer un peu.

 

Nous voilà posés devant la télé à regarder notre série du moment sur Netflix, Aline se décide à aller se coucher avant moi comme d’habitude, nous ne sommes pas réglés pareil sur ce point-là, il était 0h30 environ, moi je décide regarder encore un peu la télévision…

Un peu avant 2h du matin je me décide enfin à aller me coucher, petit détour à la salle de bain, je me couche je me laisse gagner par le sommeil.

 

Aux alentours de 2h Aline me dit quelle à des contractions de manières régulière depuis quelques minutes, se pose alors la question d’aller à l’hôpital où pas ? Je me souviens avoir entendu Aline dire : « J’ai pas envie d’accoucher le jour de mon anniversaire »

Coup de téléphone à ses parents qui arrivent assez vite vers 2h10 pour s’occuper de Timéo qui ne se doute de rien, le temps de finir les préparatifs nous voilà dans la voiture, je me vois mettre dans le coffre l’énorme valise rouge avec tout le nécessaire pour bien accueillir la petite.

Nous quittons le parking il est alors 2h20, c’est fou de s’apercevoir à quel point, nous avons la capacité à retenir cette multitude de petits détails tel que les heures où la couleur de la valise, nous roulons à une allure correcte le temps est pluvieux la route glissant bref pas d’imprudence juste de la précipitation.

 

Arrivée au parking des urgences, c’est fou comme la distance qui sépare la voiture de l’accueil paraît énorme quand on est sur le point d’accoucher.

Arrivée à l’accueil à 2h49 (souvenirs de la feuille d’admission), s’ensuit le blabla habituel de la dame au demeurant très gentil mais qui parlait d’un ton détacher lointain et monotone, juste la petite boutade lorsqu’elle s’aperçut que c’était l’anniversaire d’Aline, elle nous remet des étiquettes indispensables pour la suite des opérations.

 

Nous voilà donc dans un long couloir avec pour mission de suivre les petites croix roses menant aux salles d’accouchements, après quelques mètres nous voici donc arriver devant la porte… nous sonnons on nous demande c’est pour quoi… là sur le coup pas le temps de répondre une de mes bêtises habituel du style on savait pas quoi faire on est venu boire un coup, non la c’était sérieux on venait du moins Aline venait pour accoucher, on nous ouvre là, se dresse devant nous un sage-femme homme grand et maigre et un peu mou qui nous dit sur un ton très calme : « va falloir temporiser madame on a pas de place, retournez en salle d’attente on vient dés que possible ».

Ha non monsieur ça va pas être possible, c’est pour maintenant !

 

Une autre sage-femme qui passait par là, vois la tête d’Aline et nous dit venez on va aller dans la salle d’à coté, une salle de pré-travail, une fois dans la salle elle nous dit qu’il faut se mettre à l’aise et enlever le pantalon, je donne un coup de main à Aline qui se tord de plus de douleurs, j’aperçois de liquide brunâtre, dans le même temps la sage-femme revient je lui dit, elle nous répond qu’elle va regarder, elle enfile des gants et là j’ai vu son visage changer, Aline lui demande à combien elle est, sa réponse : vous êtes dilatée au maximum, on sent la tête, vous allez accoucher !!! elle déclenche une alarme, nous avons vu débarquer 5 personnes d’un coup, c’est à cet instant que tout s’est emballé pour moi, cette agitation, ces gens qui parlent dans leur jargon technique trahisse un sentiment d’urgence, de sérieux, je me sens de moins à ma place ici, l’impression d’être acteur de quelque chose s’en pouvoir rien faire, du moins c’est ce que je pensais, tout le monde s’agite de plus en plus et prépare la salle qui à la base n’est pas une salle prévue pour accoucher, j’entends une sage-femme me demande d’accrocher des perfusions là salle étant exiguë elle ne pouvais pas le faire elle-même, après on me demanda même d’allumer les perfs en tournant tel ou tel molette, dans le feu de l’action pas le temps de réfléchir, elle commande, j’agis point !

 

Aline a de plus en plus mal, on lui demande de se calmer de souffler, j’ai encore la phrase d’une des sages-femme qui résonne dans ma tête : « poussez pas ! On est pas prêt ! » véridique !

A ce moment précis plus aucune notion du temps pour moi, me voilà entrain de serrer la main d’Aline de la main droite et de pousser, gérer les tuyaux de la main gauche qui passe par-dessus moi, une sage-femme pose les étriers, je me dis c’est maintenant !

 

On demande enfin à Aline de pousser, elle hurle de douleurs, (la péridurale tout ça, rien, nada…), dans le feu de l’action je l’entends appeler sa maman à l’aide ! Aline pousse tout ce qu’elle peut, je vois la tête, courage c’est bientôt fini, j’entends une sage-femme dire monsieur je coupe le cordon je suis désolée… pas de soucis lui répondis-je… on nous montre enfin Taïna ! Et là stupeur, choc je me fige direct avec cette sensation de temps qui s’arrête ! Elle est toute bleue ! Pourquoi ? A ce moment la sage-femme part, deux autres se mettent devant nous comme pour faire un rideau… à peine née, on nous enlève notre fille pourquoi ? Personne ne nous répond l’impression de parler dans le vide !

 

Au bout de dix minutes interminable dans de telles circonstances, une sage-femme arrive : venez monsieur allez voir votre fille elle va très bien ! On me conduit alors dans une salle de neonat Taïna est dans une couveuse, on me dit qu’elle va bien, je la vois bouger, gesticuler, on me dit vous pouvez passer vos mains, j’ouvre la trappe, je passe ma main gauche, je tends mon index vers elle, elle se tourne attrape mon doigt, me fait un grand sourire, coucou toi je lui dis-je ! C’est à ce moment précis que j’ai rencontré ma Fille !, que je me surprends à appeler affectueusement ma Choupette.

 

La pédiatre et une sage-femme en repassant par là, sont surpris de voir Taïna comme ça, on me dit que c’est pas le même bébé que tout à l’heure, qu’elle donne l’impression d’avoir déjà pris 1 kg tellement elle va mieux.

 

Me voilà rassuré, mais Aline n’a toujours pas rencontré sa Fille, au bout de 30 minutes, on nous dit que nous pouvons aller la voire, Taïna va enfin pouvoir découvrir ou plutôt redécouvrir sa maman qui l’a porté et aimé depuis le début de cette aventure.

Instant câlin tous les trois.

 

Parti à 2h20 de la maison, née à 3h26 un vrai boulet de canon cette petite avec ses 47 cm et 2,890 kg de pure bonheur arrivée dans notre monde en mode pressée.

 

 

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